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Aujourd’hui, on butte!

par | Avr 22, 2017 | Jardinage | 0 commentaires

N’en déplaise aux parisiens avec leurs Chaumont, leurs Cailles ou leur Montmartre, nous avons maintenant également notre butte! Et en plus, elle devrait prochainement produire des légumes! C’est pas génial ça?

 

Mais remontons un peu dans le temps…

 

En bons citadins que nous étions, le seul contact avec la terre que nous avions jusqu’à il y a peu se résumait à trouver un spot pas trop mal dans un paaaarc [private joke inside] pour se poser pour un brunch ou grattouiller un peu le terreau de notre balconnière pour y planter des graines qui de toute façon se feraient bouffer par les pigeons. Or, si tu as bien suivi, je te rappelle qu’on est sensé produire moult fruits et légumes pour subvenir aux besoins de notre future table d’hôtes… Il y a 3 semaines, la mama Karsenty nous a donc offert une formation pour démarrer notre potager bio auprès de Terre Vivante à Mens, dans l’Isère.

 

Pour rappel, Terre Vivante est avant tout une maison d’édition qui publie le magazine « les 4 saisons du jardin bio » et plein d’ouvrages super utiles sur le jardinage durable, l’habitat écologique, l’alimentation, etc… Et comme c’est des gens pas bêtes, ils ont pensé que mettre en pratique leurs conseils sur un terrain de 55 hectares, ça serait encore mieux. Et puis si des lecteurs veulent venir mettre la main à la pâte (leur sol est principalement constitué d’argile, quand il pleut, c’est trèèèèès collant), c’est parfait.

 

Pendant ce stage, on a notamment pu apprendre à connaître notre sol avec un échantillon qu’on avait apporté.

 

 

Et il se trouve que grâce au test du boudin (cf photo ci-dessus) et au test de la bouteille d’eau (on remplit une bouteille d’eau d’1/3 de terre et 2/3 d’eau, on secoue et on attend que ça décante pour regarder les différentes couches) on a appris que notre sol est plutôt sablo-limoneux. Ce qui est bien pour le travailler puisqu’il est plutôt léger mais il retient moins l’eau et les nutriments.

En faisant le test de l’eau oxygénée, on a pu voir qu’il était quand même bien chargé en matière organique vu la mousse que ça faisait. Et en faisant le test du vinaigre, on a pu valider notre hypothèse d’un sol dépourvu de calcaire (vu qu’on n’avait pas de bubulles).

 

On a aussi pu voir en détail les principes et les avantages de la rotation des cultures:

 

Ainsi que les raisons d’entretenir la biodiversité dans son potager:

 

Enfin, on a pu mettre en pratique la théorie comprise dans le guide du jardin bio (oui, je fais de la pub, parce que c’est un ouvrage super bien fait et bien utile!) en réalisant un agencement de potager et en y semant des graines.

 

Voilà pour la partie formation. Mais quid des buttes dont je parlais en début d’article? J’y arrive…

 

De retour chez nous, et vu que l’emplacement de notre futur potager était une prairie labourée par les sabots des vaches il y a peu, on a du adapter un peu les enseignements tirés de notre formation. D’une part, sur une petite surface, on a mis du carton recouvert de tontes de gazon pour étouffer les adventices (vulgairement appelées « mauvaises herbes ») et rendre le sol plus facile à travailler dans 6 mois. D’autre part, pour pouvoir produire dès cette année, on a décidé de créer une butte potagère. Voilà donc les différentes étapes pour créer cette butte.

 

Tout d’abord, on retire la partie supérieure du sol contenant les herbes et leurs racines sous l’étroite supervision des vaches de Pascal.

 

 

Ensuite, on remplit le trou de branchages grossiers, ayant si possible commencé à se décomposer.

 

On recouvre ces branches d’un mélange de fumier et de broyat de bois.

 

On complète ensuite avec du compost (qui n’était pas tout à fait mur mais c’est pas grave, ça fait quand même de la matière organique humide).

 

Et on termine en remettant la terre qu’on a enlevé au début (sans les adventices).

 

C’est dans cette terre qu’on peut ensuite planter ce qu’on veut (tomates, salades et courgettes pour nous). En se développant, les racines des plantes vont piocher leurs nutriments dans le tas de matières organiques en décomposition de plus en plus profondément. Enfin, pour préserver les jeunes plants, et l’intégrité de la butte, on paille tout ça avec ce qu’on trouve sur place: paille, broyat de bois, feuilles mortes ou, comme nous, tontes d’herbe.

 

Bon, bien évidemment, il se trouve qu’on a fait notre butte il y a une semaine et que depuis il a gelé la nuit. Du coup, sur nos 8 plants de tomates, on n’a que 3 survivants… Certes on aurait pu mettre un tunnel en plastique dessus pour les préserver du froid mais on n’y a pas pensé. Certains viticulteurs du côté de Chablis on même fait bruler des braseros dans leurs vignes pour leur tenir chaud mais même si ça fait de belles photos, vive le bilan carbone! Du coup on replantera mais après les saints de glace…

 

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui et c’est déjà pas mal!