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On sous-traite ! – Les dalles

par | Mar 4, 2019 | Artisans, Maçonnerie |

Suite des travaux de cet automne dans la grange : après le démontage de la charpente et la destruction de la dalle du RdC, l’entreprise Chazal a réalisé les 2 nouvelles dalles du RdC et du 1er étage de la grange.

 

Rez-de-Chaussée

Intéressons-nous tout d’abord à la dalle du RdC. L’entreprise a procédé comme nous l’avions fait pour la dalle à l’intérieur de la maison, dans la zone cuisine/buanderie/WC, à quelques détails près. En effet, après avoir décaissé lors de la destruction de l’ancienne dalle, on s’était rendus compte que les murs n’avaient pas de fondation à proprement parler et reposaient sur du gore, ce sable grossier issu de la décomposition du socle granitique. Il a donc fallu stabiliser cette assise avec du béton projeté.

Puis nous avons profité du décaissement pour faire passer quelques réseaux : un fourreau pour l’électricité (gaine noire et rouge), un fourreau pour les réseaux télécom (gaine verte), ainsi que les évacuations d’eaux usées (PVC gris). Afin d’assainir et puisque le sol « des Veynes » est toujours aussi humide, un drain périphérique a été ajouté le long des murs (PVC à fentes vert).

Ensuite, on reprend les étapes que nous avions réalisé pour la dalle de la maison, avec dans un premier temps, la pose du hérisson, ce lit de granulats calibrés qui sert pour le drainage et le nivellement.

Vient ensuite la pose de l’isolant, dans notre cas, des plaques de polyuréthane imputrescible adaptées à un sol humide (bouuuh, le mauvais bilan carbone). Cet isolant est ensuite recouvert d’un polyane (film plastique) pour éviter que le béton ne coule dans les interstices entre les plaques en ne crée des ponts thermiques.

Par-dessus le polyane, on fait passer d’autres réseaux pour l’adduction d’eau de différentes zones et le début d’un réseau de chauffage central dont la chaudière se trouvera au fond de la grange. Les plaques de treillis soudé sont ensuite assemblées sur les cales permettant un enrobage correct de l’acier par le béton pour éviter sa corrosion.

Enfin, une fois que tout est en place, on peut passer au bétonnage. Et contrairement à la méthode bétonnière, brouette et huile de coude que nous avions adopté, ici on procède avec des camions-toupie et une pompe à béton.

 

 

Le tout aura pris moins d’une semaine (du 14 au 20 septembre pour être exact).

 

1er étage

La dalle du 1er étage a été réalisée quelques jours plus tard (histoire que la dalle du RdC sèche un peu avant de la charger) et la méthode différait un peu. En effet, on ne peut pas s’appuyer sur le sol, il faut donc créer des appuis intermédiaires jusqu’au sol sur lesquels la charge de la dalle va se reporter, on appelle ça la descente des charges.

Comme toujours, un bon schéma vaut mieux qu’un long discours, voici le plan de la dalle haute qui décrit les choses… accompagné d’explications histoire que tu t’y retrouves.

Globalement, le poids du béton armé de la dalle (dite « de compression) va se reporter sur les hourdis (sortes de parpaings qu’on pose horizontalement), qui reposent sur les poutrelles (entourées en orange sur le schéma), qui elles-mêmes s’appuient sur de grosses poutres principales (en rouge sur le schéma), qui sont ancrées dans les murs, en contact avec… le sol. Easy ! Bon, pour les calculs de descentes de charges, on fait confiance au bureau d’étude structure qui a réalisé le plan.

Plusieurs remarques : tout d’abord, pourquoi ces deux grosses poutres principales ? Parce que la portée (ou longueur) des poutrelles est limitée, que dans notre cas, la largeur de la grange correspond quasi au maximum de ce qui est réalisable, ce qui limite la charge qu’on peut reporter dessus. Ce qui nous amène à la deuxième remarque : si tu as bien observé le plan, il y a plusieurs zones où plusieurs poutrelles sont mises côte à côte, sans hourdis pour les séparer. La raison est simple : au-dessus du 1er étage, on va avoir une mezzanine qui va reposer sur des poteaux portés par cette dalle. Il faut donc renforcer la portance de la dalle au droit des poteaux par davantage de poutrelles, c’est ce qu’on appelle une bande noyée. Enfin, dernière remarque, sur la périphérie de la dalle, les espaces sont parfois trop petit pour accueillir des hourdis entiers. Ces volumes sont donc coffrées en sous-face de la dalle et du béton sera coulé en même temps que la dalle de compression.

Ça, c’était la théorie, voici maintenant les photos.

Tout d’abord, les poutres principale (belles bêtes !)

Ensuite, la pose des poutrelles et des hourdis. Notez l’encastrement des poutrelles dans les murs et les détails au niveau de la trémie d’escalier…

Enfin, on pose le treillis soudé.

Et on coule !